Qu’est-ce que l’alimentation végétale peu transformée ?

Par Cora Loomis Dt.P., diététiste-nutritionniste

D’entrée de jeu, il n’y a pas de définition officielle pour décrire l’alimentation végétale peu transformée (AVPT), une traduction libre de “Whole Foods Plant-Based Diet” (WFPBD).  Différents auteurs et professionnels de la santé ont toutefois proposé leur définition, avec quelques variantes.

Tout d’abord, selon le Center for Nutrition Studies (fondée par le Dr T. Colin Campbell), l’alimentation végétale peu transformée est composée de végétaux peu transformés tels que les fruits et les légumes frais, congelés ou en conserve (mais faible en sodium), les grains entiers (mais pas les farines ou les grains raffinés tels que le riz blanc ou les pâtes blanches), les noix et les graines, les avocats, les légumineuses (idéalement sèches puis cuites, mais aussi en conserve, à condition d’être faible en sodium), le tofu, le tempeh et le seitan (seulement si ces options sont sans gras ajouté). Contrairement à d’autres, leur définition inclut même un peu de sucre tel que le sirop d’érable. (1)

Ensuite, dans Ménager la chèvre et manger le chou, les nutritionnistes auteures de ce livre ont défini l’AVPT comme étant une alimentation centrée sur les végétaux (légumineuses dont le soya, légumes, fruits, grains entiers, noix, graines, etc.) peu transformés (sans ajout d’huile, de sucre ou de sel à l’excès, et excluant les produits céréaliers raffinés). Les autres aliments du règne végétal, comme les fines herbes et épices, les algues, le thé, le café et le cacao y sont également inclus, mais en quantité plus négligeable. Cette alimentation exclut ou minimise la consommation de viande, de volaille, de poisson, de fruits de mer, de produits laitiers et d’œufs. (2)

Enfin, Anthony Fardet, auteur d’un article sur la classification NOVA des aliments, nous explique ce que c’est un aliment peu transformé (sans spécifiquement parler de l’AVPT) : « Les aliments peu transformés sont des aliments naturels soumis à un ou des traitements, surtout physiques, qui ne modifient pas substantiellement les propriétés nutritionnelles et les utilisations des aliments d’origine ». À la base, la raison pour laquelle on s’intéresse à une alimentation peu transformée c’est pour les propriétés nutritionnelles et l’impact que ce type d’alimentation peut avoir sur notre santé. (3)

Pour aller plus loin, et mieux comprendre ce que constitue un aliment « peu transformé », voici la classification internationale NOVA, développée par des chercheurs brésiliens.

Dans ce système de classification, les aliments du règne végétal sont divisés en quatre catégories :

  1. Aliments pas/peu transformés : par exemple, les fruits et les légumes frais, les champignons, les algues, les avocats, les noix et graines (incluant les beurres de noix et graines), les légumineuses (sèches),  les grains entiers (quinoa, blé entier, riz sauvage, etc.), et les boissons végétales sans sucre, huile, sel ou émulsifiant ajouté (par ex. boisson de soya non sucrée).
  2. Ingrédients culinaires : la farine, l’huile, le vinaigre, les épices, les fines herbes, le sel, le sirop d’érable
  3. Aliments transformés (une combinaison d’aliments du groupe 1 et groupe 2): par exemple, le pain de boulangerie, les pâtes alimentaires, le tofu, le tempeh, et les légumineuses en conserve.
  4. Aliments ultra-transformés(qui sont des formulations industrielles à partir de 5 ingrédients et plus): par exemple, le seitan et les simili-viandes, les biscuits et les desserts du commerce, les céréales à déjeuner, les pains avec émulsifiants, etc.

Certains aliments comme les boissons de soya peuvent se retrouver dans différentes catégories selon leur niveau de transformation. Par exemple, une boisson de soya nature (sans sucre, huile ou sel ajoutés) est considérée peu transformée, mais celle avec sucre, huile, émulsifiants, etc. est considérée comme un aliment ultra-transformé. L’ajout de vitamines et minéraux dans les boissons de soya n’est pas considéré comme une transformation alimentaire.

Les chercheurs qui ont développé ce système de classification ont déterminé qu’une alimentation équilibrée est composée principalement (et non strictement) des aliments provenant des groupes 1 à 3, avec une emphase sur les aliments pas/peu transformée, étant donné que plusieurs problèmes de santé chroniques sont associés avec une consommation élevée d’aliments ultra-transformés.

Malheureusement, avec nos modes de vie qui laissent peu de temps pour cuisiner, la consommation d’aliments ultra-transformés est devenue plutôt la norme. C’est d’ailleurs près de 50% des calories (énergie) ingérées quotidiennement par les Canadiens qui proviennent des aliments ultra-transformés. (4)

Au sein des professionnels de la santé membres fondateurs de l’APSAV, l’alimentation encouragée est, dans un continuum, l’alimentation végétale peu transformée, équilibrée et bien planifiée, de façon à couvrir les besoins nutritionnels à tous les âges de la vie. L’AVPT doit notamment être complétée par un supplément de vitamine B12, une vitamine d’origine bactérienne exempte du règne végétal et essentielle au bon fonctionnement de notre système nerveux.

La définition de l’AVPT de l’APSAV est donc la suivante : une alimentation végétale peu transformée (AVPT) est composée principalement d’aliments peu transformés tels que les légumes et les fruits, les légumineuses (incluant le soya), les grains entiers, les noix et les graines et, en plus petite quantité, les fines herbes et épices, les algues, le café, le thé et le cacao. L’AVPT peut inclure les ingrédients culinaires de bases en quantités modérées (ex : huile végétale, sel iodé, vinaigre, sirop d’érable, etc.), et n’exclut pas les aliments “transformés” qui ont une valeur nutritionnelle intéressante comme, par exemple, le pain complet de boulangerie, les pâtes alimentaires de grains entiers, le tofu et les boissons végétales sans sucre ajouté.

La différence entre l’APVT, le végétalisme et le véganisme

Lorsqu’on entend parler de végétalisme et de véganisme, est-ce la même chose qu’une alimentation végétale peu transformée ? Pas nécessairement. Voici donc un tableau pour vous aider à différencier l’AVPT, le végétalisme et le véganisme.

Terme Définition
Végétalisme Une alimentation qui exclut les aliments d’origine animale (viande, volaille, poisson, produits laitiers, œufs). Le végétalisme ne favorise pas nécessairement les aliments peu transformés.
Alimentation végétale peu transformée (AVPT) Une alimentation végétale peu transformée (AVPT) est composée principalement d’aliments peu transformés tels que les légumes et les fruits, les légumineuses (incluant le soya), les grains entiers, les noix et les graines et, en plus petite quantité, les épices et fines herbes, les algues, le café, le thé et le cacao. L’AVPT peut inclure les ingrédients culinaires de bases en quantités modérées (ex: huile végétale, sel iodé, vinaigre, sirop d’érable, etc.), et n’exclut pas les aliments “transformés” qui ont une valeur nutritionnelle intéressante comme, par exemple, le pain complet de boulangerie, les pâtes alimentaires de grains entiers, et le tofu.
Véganisme (5) Une façon de vivre qui cherche à exclure, autant que possible, toute forme d’exploitation ou de cruauté envers les animaux (que ce soit pour se nourrir, se vêtir, ou pour toute autre raison).

Le ou la végane n’adopte pas nécessairement l’AVPT, si sa motivation principale est l’éthique animale.

Trucs pour tendre vers l’alimentation végétale peu transformée

Pour adopter une alimentation végétale peu transformée, c’est important de prendre le temps de cuisiner, et de savoir quoi cuisiner !

Voici une liste d’aliments à privilégier et quelques idées d’aliments à préparer soi-même.

Liste d’aliments à privilégier :

  • Fruits et légumes frais et/ou congelés et/ou en conserve (sans sodium ajouté)
  • Fruits secs (ex. dattes, canneberges, raisins secs)
  • Fines herbes et épices
  • Légumineuses (ex. : haricots noirs, blancs, rouges, lentilles, pois chiches, soya)
    • Meilleurs choix : légumineuses sèches, edamame, tofu, tempeh
    • Bonne option : légumineuses en conserve (avec teneur faible en sodium)
  • Boisson de soya non sucrée
  • Grains entiers (riz brun ou sauvage, quinoa, sarrasin, orge mondé, flocon d’avoine cuisson longue, etc.)
  • Pain complet (fait de farine intégrale, sans additif ou émulsifiant)
  • Pâtes alimentaires de grains entiers (ex. : pâtes de maïs, pâtes de blé entier, pâtes de kamut, pâtes de riz brun, etc.)
  • Avocats
  • Levure alimentaire (ou levure nutritionnelle) enrichie de B12
  • Noix (ex. : amandes, pistaches, cajous, etc.) et graines (ex.: tournesol, citrouille,etc.)
  • Beurres de noix et graines
  • Graines de chia, de chanvre, de lin ou de caméline (pour leur teneur en acides gras oméga-3)
  • Huiles végétales (ex. : huile d’olive, huile de caméline) en petites quantités

Idées d’aliments à faire chez soi (au lieu de les acheter sous forme ultra-transformée) :

  • Vinaigrettes
  • Guacamole
  • “Faux mage” végétal à base de noix
  • Houmous (et autres tartinades)
  • Sauces (style sauce tomate, sauce crémeuse, sauce « gravy »)
  • Pain et tortillas (à base de grains entiers)
  • Granola (style muesli)
  • Boules/bouchées d’énergie
  • Muffins et biscuits faits à partir de grains entiers (ex. : flocons d’avoine) ou de farines entières et sucrés avec des dattes, de la compote de pomme, ou une quantité modérée de sucre ajouté

Une alimentation saine et une relation saine avec les aliments

Avant d’entamer le virage vers l’AVPT, il est très important de se questionner sur nos motivations derrière ce changement. L’AVPT est certes une alimentation bénéfique pour la santé et celle de la planète, mais ne sera pas maintenue (ni bénéfique) si elle est adoptée au détriment de la santé mentale, sociale, et émotionnelle. Une alimentation saine inclut une variété d’aliments (le moins transformé possible) mangés dans le plaisir et le respect de nos besoins. Si l’adoption d’une AVPT est faite uniquement pour des raisons de contrôle du poids, il est possible que ce ne soit pas durable, puisque la sensation de privation risque de se faire sentir et le risque de pertes de contrôle alimentaire sera augmenté. (6)

Dans leur livre Ménager la chèvre et manger le chou, les nutritionnistes Marjolaine Mercier, Dt.P. et Hélène Baribeau, M. Sc. Dt.P. proposent la définition d’un mangeur que l’on pourrait qualifier de socio-responsable comme suit :

« Le mangeur socio-responsable s’alimente de façon à répondre à ses préférences, en respectant sa faim et ses sensations de rassasiement, mais choisit de façon consciente des aliments nourrissants et peu transformés qui favorisent sa santé. Il est également soucieux de l’impact de ses choix alimentaires sur l’environnement et le bien-être d’autrui. Par exemple, un mangeur socio-responsable achète des produits locaux et biologiques le plus souvent possible (lorsqu’ils sont disponibles), et évite de gaspiller ou d’acheter des aliments suremballés. »

Ce type de mangeur est donc à la fois capable de choisir des aliments sains tout en conservant une belle relation avec son corps et les aliments, facteur essentiel pour le maintien de la santé physique et mentale.

Avez-vous envie de devenir un mangeur socio-responsable en adoptant une alimentation végétale peu transformée ?

Conclusion

Adopter l’alimentation végétale peu transformée peut vous aider à prévenir certaines maladies, comme les cardiopathies ischémiques, le diabète de type 2, l’hypertension, l’obésité et certains types de cancer. (7) Il est toutefois important que chaque personne puisse adopter des habitudes alimentaires qu’il ou elle a envie de maintenir à long terme et qui lui apportent des bénéfices à court terme et à long terme. L’adoption de ce type d’alimentation doit procurer plaisir et bien-être pour qu’elle soit durable. De plus, puisque tout changement prend du temps, il vaut mieux « tendre vers » et adopter de nouvelles habitudes en douceur que de faire des changements drastiques, mais qui ne se maintiennent pas dans le temps. Choisir de manger de plus en plus de végétaux peut se faire sur plusieurs semaines, mois ou même années – prenez le temps qu’il vous faut.

Pour ceux qui craignent les carences nutritionnelles, faites-vous accompagner par une nutritionniste-diététiste qui connaît bien l’alimentation végétale. Sachez également que la plus grande association de nutritionniste-diététistes, l’Academy of Nutrition and Dietetics, a pris position sur l’alimentation végétale et mentionne que : « (…) Les régimes végétariens, y compris végétaliens, convenablement planifiés, sont sains, nutritionnellement adéquats, et peuvent fournir des avantages pour la santé pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Ces régimes conviennent à toutes les étapes du cycle de vie, y compris la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et les athlètes. Les régimes à base de végétaux sont aussi plus durables sur le plan environnemental que les régimes riches en produits animaux, car ils consomment moins de ressources naturelles et sont associés à des dommages environnementaux beaucoup moins importants ». (7)

À votre santé !

 

Références :

  1. Center for Nutrition Studies. What is a Whole Food Plant-Based diet? https://nutritionstudies.org/what-is-a-whole-food-plant-based-diet/(consulté le 24 avril 2019)
  2. Baribeau, H., Mercier, M. Ménager la chèvre et manger le chou : découvrez comment l’alimentation végétale peut transformer votre santé. Les éditions la semaine, 2018. pp 12-13 et ch 12 : L’alimentation végétale peu transformée : est-ce pour moi?
  3. Fardet, A ; Unité de Nutrition Humaine, INRA & Université d’Auvergne. La classification NOVA des aliments selon leur degré de transformation : définition, impacts santé et applications. Information Diététique 2017; 4; 31-42 (https://www.researchgate.net/publication/323186976_La_classification_NOVA_des_aliments_selon_leur_degre_de_transformation_definition_impacts_sante_et_applications)
  4. Moubarac  J-C, Batal  M,  Louzada  ML  et  Consumption of ultra-processed foods predicts diet quality in Canada.  Appetite 2016; 108: 512-520
  5. The Vegan Society. Definition of veganism https://www.vegansociety.com/go-vegan/definition-veganism(consulté le 3 mai 2019)
  6. Mann, T. et al. Medicare’s Search for Effective Obestiy Treatments: Diets are Not the Answer. American Psychologist 2007; 62(3); 220-233
  7. American Dietetic Association, Dietitians of Canada. Position of the American Dietetic Association and Dietitians of Canada: Vegetarian diets. Can J Diet Pract Res 2003;64:62-81

 

Le végétalisme est-il compatible avec les performances sportives ?

Crédit photo: Agence de photographie Maxime Juneau

Par Jennifer Morzier, diététiste-nutritionniste

Que ce choix soit pour des raisons de santé, d’éthique ou en lien avec des préoccupations à l’égard de l’environnement, de plus en plus d’individus, notamment dans le domaine sportif, choisissent une alimentation basée sur les végétaux peu transformés. Les réussites sportives de certains athlètes végétaliens de haut niveau, tel Carl Lewis, Venus Williams, Scott Jurek, Meagan Duhamel, Kendrick Farris, Patrik Baboumian, montrent que les produits d’origine animale ne sont pas nécessaires pour performer. Cependant ce mode d’alimentation soulève de nombreuses interrogations : permet-il de répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des sportifs?  Y’a-t-il des carences possibles et des nutriments à surveiller? Offre-t-il des avantages en termes de performance sportive?

POSITION OFFICIELLE

L’Académie de Nutrition et Diététique (AND), la plus grande association de professionnels de la nutrition au monde, a annoncé dans une prise de position officielle que « les régimes végétariens et végétaliens équilibrés sont appropriés à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, la vieillesse ainsi que pour les athlètes (1)». Les athlètes peuvent donc être rassurés : une diète basée sur les végétaux, si elle est variée et bien planifiée, apportera tous les nutriments nécessaires à une bonne santé et à l’atteinte des objectifs sportifs. Ce n’est plus un secret, l’alimentation tout comme l’entraînement et la prédisposition génétique sont les points clés d’une bonne performance sportive.

DES BESOINS ÉNERGÉTIQUES IMPORTANTS

Les besoins énergétiques varient en fonction de l’âge, du sexe, du métabolisme, de la taille, du poids, de la composition corporelle ainsi que de la fréquence et de l’intensité de l’activité physique. De ce fait, les besoins énergétiques d’un athlète varient selon le sport qu’il pratique, la fréquence et l’intensité de ses entraînements. Ceux pratiquant des sports d’extrême endurance peuvent avoir à consommer jusqu’à 8000 calories par jour afin de répondre à leurs besoins (2)!

Il est important que ces besoins soient comblés afin de ne pas affecter les performances et la composition corporelle de l’athlète.

Or, les besoins des sportifs végétaliens peuvent être plus difficiles à combler, notamment parce que l’alimentation basée sur les végétaux peu transformés est généralement plus faible en énergie et procure une meilleure satiété dû à sa richesse en fibres. Il est donc important de s’assurer d’inclure quotidiennement dans son alimentation des aliments riches en énergie tels que des noix et graines, des avocats, des produits de soya et des légumineuses. Inclure des collations denses en énergie telles qu’un smoothie (composé de fruits, légumineuses/tofu soyeux, boisson végétale, avocat), des noix et des fruits secs, des barres et des muffins faits maison permet de multiplier les prises alimentaires et de ce fait d’assurer un apport calorique adéquat.
LES PRINCIPALES SOURCES D’ÉNERGIE

  • Les glucides

Les glucides sont le carburant de choix des athlètes lors des exercices aérobiques d’intensité modérée à élevée. Leur rôle est primordial car un apport en glucides adapté aux besoins, en fonction de la durée et de l’intensité des entraînements, va permettre de maintenir une glycémie adéquate et d’optimiser les réserves de glycogène dans le foie et les muscles, soit le carburant dont le corps se servira au cours de l’effort. De plus, un apport adéquat en glucides post exercice améliore la récupération et optimise la régénération des réserves de glycogène nécessaires pour le prochain entraînement.

Quantité de glucides recommandée (3)

Type d’activité physique Glucides en g/kg/jour
Effort léger, faible intensité 3-5
Effort modéré (1h/jour) 5-7
Effort intense (1-3h/jour, modéré à haute intensité) 6-10
Effort très intense (> 4-5h/jour, modéré à haute intensité) 8-12

Une étude réalisée en 2016 auprès de 116 athlètes amateurs indique que moins de 50% d’entre eux rencontraient leurs besoins en glucides. Ceux-ci, dont seulement 12,7% suivaient une diète végétarienne, s’entrainaient d’une à trois heures par jour et participaient à des épreuves d’endurance multisports (4). Cette déficience en glucides les expose à un épuisement rapide du glycogène et de ce fait à une fatigue précoce.

Les personnes dont l’alimentation est basée sur les végétaux augmentent de façon significative leur consommation de glucides. Les céréales, les légumineuses, les fruits et les légumes (notamment les légumes racines) sont naturellement riches en glucides simples et complexes, ce qui optimise les réserves de glycogène (5) et favorise l’endurance, la performance et la récupération (6). Qu’on soit sportif ou non, les glucides devraient représenter entre 45 et 65% de l’apport énergétique total. Certaines études démontrent que pour les sportifs, des apports inférieurs à 50% de l’apport énergétique total seraient inadéquats (6).

  • Les lipides

Les lipides, en plus de représenter une source d’énergie de longue durée, sont essentiels à l’absorption des antioxydants et des vitamines liposolubles (A,D,E,K), ainsi qu’à la production d’hormones sexuelles et la formation des parois cellulaires.

Leur densité en énergie (9 kcal/g vs 4 kcal/g pour les glucides) leur permet de répondre aux besoins caloriques élevés de certains sportifs. Les lipides devraient représenter 20 à 35% des apports énergétiques quotidiens (7). Un apport supérieur réduirait la part d’énergie provenant des glucides et des protéines, tout aussi essentiels à une bonne santé et à la performance. Dans un même ordre d’idée, il a été démontré que des apports en lipides inférieurs à 15% de l’apport calorique contribuent à des aménorrhées induites par l’exercice et à la réduction de l’utilisation des graisses stockées dans les cellules musculaires comme carburant, indispensable lors des longs entraînements d’intensité moyenne à intense (6).

Certains des avantages en lien avec la santé, comme la réduction des risques de diabète de type 2 et des maladies cardio-vasculaires, reposent sur le fait qu’une alimentation basée sur les végétaux peu transformés contient généralement moins de graisses totales et saturées que les régimes omnivores et végétariens. Les gras saturés se retrouvent principalement dans les aliments d’origine animale et peu dans les aliments d’origine végétale. Les végétaliens en consomment donc naturellement moins et ont un apport plus élevé en gras polyinsaturés. Cet avantage sur la réduction des maladies cardiovasculaires est à souligner quand on sait que certaines études mettent de l’avant les risques importants d’athérosclérose et de dommages du myocarde chez les athlètes (5).


En revanche, dû à l’absence de graisses d’origine marine dans leur alimentation, les sportifs végétaliens doivent faire attention de consommer quotidiennement des sources d’oméga 3 indispensables au bon fonctionnement de l’organisme: graines de lin moulues, graines de chia, graines de cameline, graines de chanvre, noix de Grenoble, ou l’huile de ces graines ainsi que l’huile de canola. Ceci est d’autant plus important pour les athlètes, car les omégas 3 pourraient augmenter la production d’oxyde nitrique, favorable à la vasodilatation des vaisseaux, permettant ainsi d’améliorer la circulation sanguine et la variabilité du rythme cardiaque (8).

  • Les protéines

Plusieurs portent une attention particulière à leurs apports en protéines au détriment des autres macronutriments. Certes, celles-ci sont indispensables à la formation et à la réparation des fibres musculaires ainsi qu’à la performance. Mais qu’on se le dise, dans les pays industrialisés, les protéines sont souvent consommées en excès. Un athlète qui consomme une alimentation végétale variée et bien planifiée ne devrait pas s’inquiéter à ce sujet.

Pas besoin de protéines animales pour performer ! Il suffit d’intégrer au moins une source de protéine végétale à chaque repas et de varier les sources : produits de soya (tofu, tempeh, boisson de soya), légumineuses, noix et graines, arachides, et dans une moindre mesure les céréales complètes. Notons que pour compenser pour la moins bonne digestibilité des protéines végétales, les besoins des végétaliens sont augmentés de 10% (6).

Quantité de protéines recommandées(6)

Type d’activité physique Protéine en g/kg/jour
Individu actif 0,9
Athlète d’endurance 1,3- 1,5
Athlète de force 1,3-1,9

Un des mythes les plus répandus au sujet de la qualité des protéines est qu’il faut combiner deux sources de protéines végétales au même repas pour assurer leur complémentarité. On sait maintenant que la complémentarité des acides aminés peut se faire sur 24h. Si vous avez une alimentation variée et que vous répondez à vos besoins énergétiques, vous aurez toutes les protéines nécessaires pour le bon fonctionnement du corps (9).

Comme les besoins en protéines peuvent être comblés par l’alimentation, nul besoin de consommer des poudres de protéine. En revanche, elles peuvent être une alternative pour ceux qui cherchent une collation post entrainement rapide tel un smoothie protéiné.

LES RECOMMANDATIONS AVANT, PENDANT ET APRÈS L’EFFORT (6,10,11)

  • Les recommandations avant l’effort

Bien s’alimenter avant l’entraînement permet de fournir l’énergie dont le corps a besoin. La composition du repas ou de la collation varie en fonction du temps disponible avant l’activité. Plus la durée avant l’effort est courte, plus il sera important de privilégier les glucides. Ces derniers étant digérés et absorbés plus rapidement que les lipides et les protéines, ils permettent au corps de bénéficier d’une source d’énergie de qualité en peu de temps.

Attention à la consommation de grandes quantités de fibres avant un entraînement. Malgré leur effet positif sur le transit intestinal et leur contribution au bon fonctionnement de l’organisme, elles peuvent entraîner des inconforts gastro-intestinaux chez certaines personnes et ralentir la digestion, ce qui aura un impact sur la disponibilité du carburant pour l’entraînement (11).

Il est important de ne consommer que des aliments familiers avant une compétition et d’optimiser l’hydratation avant l’effort.  

Temps disponible avant l’activité Composition du repas ou collation Idée de repas ou collation
 

4h – 3h

Repas léger* composé de glucide et protéine sans fritures

Glucide : 3 à 4 g/kg

Protéine : 0,2 à 0,5 g/ kg

Sauté de tofu aux légumes et riz + muffin maison

Bagel + végépaté + pomme

Wrap au tofu brouillé et tomate

Petite portion de spaghettis aux lentilles

 

2h – 1h

Collation légère* composée majoritairement de glucides

Glucide : 1 g/kg/heure

Tortilla + beurre d’arachide + banane

Smoothie: tofu soyeux + fruits

Gruau + boisson végétale + fruit

30 min Collation* riche en glucides

Max 1 g/kg

Jus, purée de fruits, fruits séchés, barre sans noix ni graines

* On souhaite ne pas surcharger l’organisme afin que celui-ci ne soit pas en pleine digestion lors de l’effort.

  • Les recommandations pendant l’effort

Les recommandations nutritionnelles dépendent de la durée de l’effort.

Pour un effort de moins d’1h, s’assurer d’une bonne hydratation en buvant quelques gorgées d’eau chaque 15 à 20 minutes. Des électrolytes peuvent être ajoutés à l’eau en cas de forte chaleur ou d’une sudation importante.

Au-delà d’1h, pour poursuivre l’activité dans les meilleures conditions, il faut aider le corps à maintenir sa glycémie et à reconstituer ses réserves de glycogène.

Pour les efforts de moins de 2h les besoins peuvent être comblés par une boisson contenant 4 à 8% de glucides (40 à 80 g/L), 500 à 700 mg de sodium par litre (= ¼ de cuillère à thé de sel par litre) et 75 à 200 mg de potassium par litre(10).

Pour les efforts de plus de 2h, il est important de mettre en place un plan d’hydratation et de viser des apports de glucides :

  • d’au moins 30 g/h pour les activités d’intensité faible à moyenne (i.e. fruits secs, wrap au hummus, pain aux bananes…)
  • et de 60 à 90 g/h de sources variées pour les activités d’intensité élevée (i.e. gel, barre énergétique, boissons sportives, wrap banane et beurre d’arachide…)

Afin de varier les types de glucides, une bonne technique est de mélanger les aliments solides et liquides.

  • Les recommandations après l’effort

Après un entraînement ou une compétition, l’objectif est de rétablir les stocks de glycogène, d’assurer le maintien de la masse musculaire et de rétablir l’équilibre hydrique. Pour une récupération efficace, il faudrait consommer trois fois plus de glucides que de protéines (11).

Pour des efforts de moins de 60 minutes et de faible intensité une collation n’est pas essentielle.

Pour les efforts de 60 à 90 minutes une collation contenant 30 g de glucides et 10 g de protéines est suffisante (i.e. un smoothie, ½ bagel accompagné de deux cuillères à table de beurre d’arachide, une banane avec une tortilla et deux cuillères à table de beurre d’arachide, quelques craquelins avec hummus et légumes).

Pour les efforts intenses et vigoureux de plus de 90 minutes :

Prochain entrainement
Le même jour Après le 1er entraînement

Collation dans les 30 minutes : 1 à 1,5 g glucides/kg chaque 2h
Après le 2e entraînement

Collation dans les 30 minutes : 1 g glucides/kg chaque 2h (jusqu’au coucher) et 0,25 à 0,4 g de protéine/kg

< 24h Collation dans les 30 minutes : 1 g glucides/kg et 0,25 à 0,4 g de protéine/kg

Prendre un repas complet dans les 2h suivant la collation

> 24h Si un repas complet est prévu dans les 2h après l’effort, la collation est optionnelle. Autrement, il faut prendre une collation dans les 30 minutes : 1 g glucides/kg et 0,25 à 0,4 g de protéine/kg

 

Quelques exemples d’aliments et leur contenu en glucides et protéines :

Groupe d’aliments Quantité de glucides

en grammes

Quantité de protéines

en grammes

Légumineuses 125 ml soit ½ tasse 20 7 – 10
Produits du Soya ½ tasse d’edamame 10 10
½ tasse de tempeh 8 15
½ tasse de tofu ferme 5 20
1 tasse de boisson de soya

non sucrée

4 6 – 11
Noix et graines 2 c. à table beurre de noix 5 – 8 5 – 8
¼ tasse noix 5 – 10 5 – 8
¼ tasse graines 6 – 13 6 – 13
Céréales ½ tasse cuite d’amarante,

kamut, épeautre

24 – 27 5 – 6
½ tasse cuite de orge,

sarrasin, millet, avoine,

quinoa, blé, riz

17 – 28   2 – 4
Tortillas de blé entier

(voir tableau valeur nutritive)

16 3
1 tranche de pain

(voir tableau valeur nutritive)

15 4
Fruits secs 3 dattes 19 0,6
2 figues 11 0,5
¼ de tasse de raisins 21 1,2
3 abricots 13 0,7
Autres Barre énergétiques de type

l’arabar, kronobar, Clif

23-45 2-11
Gels énergétiques 20-27 0

 

La nutrition des sportifs ne se limite pas aux macronutriments car leurs besoins en termes de vitamines et minéraux sont aussi supérieurs à la moyenne. Ces micronutriments jouent un rôle essentiel dans l’utilisation des macronutriments par le corps, mais également pour la reconstruction des muscles, la production d’hémoglobine, la récupération, le renforcement du système immunitaire et la minimisation des dommages oxydatifs ainsi que l’inflammation.

Une alimentation basée sur les végétaux peu transformés contenant des fruits, des légumes, des grains entiers et des légumineuses est naturellement riche en vitamines et minéraux : pas besoin de suppléments sauf pour les vitamines B12 et D. En revanche il faut porter une attention spécifique à certains nutriments.

LES VITAMINES 

  • Vitamine B12

Les personnes qui ne consomment pas de produits d’origine animale doivent prendre un supplément de vitamine B12 (sous forme de cyanocobalamine), soit 25 à 100 ug par jour, 1000 à 1200 ug deux fois par semaine ou 2500 ug une fois par semaine  (7).

Une carence en B12 peut causer des dommages irréversibles sur notre système neurologique, il est donc indispensable de se supplémenter.

  • Vitamine D  

L’apport suffisant recommandé en vitamine D est de 15ug (600UI) par jour pour les individus de 1 à 50 ans (8), mais plusieurs experts suggèrent qu’un apport supérieur aux recommandations, soit 25-50ug (1000-2000UI) par jour, serait bénéfique pour une santé optimale (7).

Peu d’aliments d’origine végétale ou animale sont de riches sources de cette vitamine. De plus, étant donné la latitude nordique du Canada, que vous soyez végétaliens ou non, il est recommandé de prendre un supplément de 1000 UI/jour de vitamine D entre octobre et avril puisque les rayons UV ne sont pas assez puissants pour permettre la synthèse de Vitamine D entre ces mois. Le reste du temps, une exposition du visage et des avants bras au soleil de 15 minutes chaque jour, sans écran solaire, est suffisante.

  • Antioxydants

Le stress oxydatif lié à l’exercice peut entraîner une fatigue musculaire, une diminution des performances sportives et une récupération difficile. Or les antioxydants exogènes retrouvés dans l’alimentation permettraient dans une certaine mesure de contrôler ce stress oxydatif.

Il est reconnu que les personnes suivant un régime végétalien (ou végétarien) ont une activité antioxydante accrue en raison d’un apport plus élevé en vitamine C, en vitamine E, en bêta-carotène et en d’autres antioxydants, ainsi que d’une production d’enzymes antioxydantes supérieure (5).

LES MINÉRAUX

  • Le fer

Le fer joue un rôle crucial pour une bonne performance sportive car il est indispensable pour assurer le transport d’oxygène aux muscles et le bon fonctionnement des enzymes impliquées dans la production d’énergie.  Il faut porter une attention particulière à ce minéral car la carence en fer est l’un des déficit nutritionnel les plus répandus dans le monde. Les femmes sont plus à risque, leurs besoins étant deux fois supérieurs à ceux des hommes (18mg vs 8mg pour des individus de 19-50 ans) (7).

Selon l’Institut de Médecine (6), les végétariens devraient consommer 1,8 fois plus de fer en raison de la plus faible biodisponibilité du fer non hémique contenu dans les aliments d’origine végétale (légumineuses, noix et graines, certains légumes dont le chou vert frisé). Malgré la controverse autour de cette recommandation (6), les professionnels s’accordent sur le fait que les besoins en fer des végétariens et végétaliens sont supérieurs aux omnivores.  

Sachant que la transpiration entraîne des pertes de fer, que l’exercice créer des saignements gastro-intestinaux et que les chocs répétés occasionnés par la course à pied peuvent augmenter le taux d’hémolyse, pas étonnant que les besoins en fer des sportifs soient supérieurs!

Ainsi, les végétaliens, d’autant plus s’ils sont sportifs, doivent porter une attention particulière à intégrer des sources de fer à chaque repas et d’en optimiser l’absorption en ajoutant une source de vitamine C (i.e. brocoli, poivron, tomate, fraise, kiwi, agrume) tout en évitant de consommer thé et café au repas. Pour certains sportifs, des suppléments de fer peuvent être nécessaires afin de restaurer leur statut en fer.

  • Le calcium

Le calcium est essentiel pour la santé osseuse, mais aussi pour la contraction musculaire et l’influx nerveux. Il est donc essentiel pour un athlète de combler ses besoins (1000 mg par jour pour les 19-50 ans)(7). Un moyen d’atteindre ces recommandations est de consommer des aliments qui en sont enrichis tels que les boissons d’avoine, de soya, d’amandes et autres et d’inclure quotidiennement des végétaux riches en calcium comme les choux (chou cavalier, chou vert frisé, brocoli, bok choy), les légumineuses (principalement les haricots blancs et les produits de soya), les noix et graines (notamment les graines de sésame décortiquées et son beurre ainsi que le chia) à l’alimentation. Afin d’en optimiser son absorption, il faut s’assurer d’avoir un apport suffisant en vitamine D et d’éviter la caféine retrouvée dans le thé et café aux repas.

  • Le zinc

Le zinc contribue à renforcer le système immunitaire et favorise la guérison des blessures. De plus, un apport sous-optimal pourrait avoir des répercussions sur les performances sportives. Les activités physiques intenses entraînant une perte de zinc via les urines et la transpiration, il est important de s’assurer d’avoir de bonnes sources de zinc aux repas (i.e. légumineuses, tofu, noix, graines et grains entiers).

LIEN ENTRE UNE ALIMENTATION BASÉE SUR LES VÉGÉTAUX ET LA PERFORMANCE SPORTIVE (5)

Outre l’optimisation du stockage de glycogène et un certain contrôle sur le stress oxydatif, une alimentation basée sur les végétaux a des effets physiologiques offrant des avantages en terme de performance. La faible densité énergétique des repas et l’augmentation de la dépense énergétique postprandiale occasionnée par ce mode d’alimentation amène des modifications de la composition corporelle. Celles-ci se traduisent par la réduction de la graisse viscérale assurant ainsi une meilleure endurance.

A cela s’ajoute une meilleure oxygénation des tissus et un meilleur transport des nutriments dû à une circulation sanguine facilitée. Ceci est expliqué par une diminution de la viscosité du sang et une meilleure élasticité et vasodilatation artérielle.

Enfin, la pratique d’exercice intense peut mener à une réaction inflammatoire et contribuer à l’apparition de douleurs musculaires. Une alimentation à base de végétaux, riche en antioxydants, semble aider à réduire l’inflammation post-exercice et à faciliter la récupération.

CONCLUSION

Il est tout à fait réaliste pour un sportif de haut niveau de suivre une alimentation basée sur les végétaux peu transformés et de répondre à ses besoins, à condition que son alimentation soit variée et planifiée. Toutefois, il faudra assurer un contrôle des taux ferriques sanguins afin de  dépister une éventuelle carence qui pourra être supplémentée selon avis médical et il est essentiel de consommer quotidiennement un supplément de vitamine B12.

L’alimentation végétale offrirait des avantages en termes de performance et de récupération notamment grâce au stockage optimal des glucides, à la diminution du stress oxydatif et de l’inflammation ainsi que d’une meilleure oxygénation des tissus. De plus, les bienfaits de ce type d’alimentation sur la santé cardio-vasculaire sont à prendre en considération, car il est reconnu que les athlètes d’endurance ont un risque supérieur à la moyenne de souffrir de troubles cardiaques (5).

Pour toute question et si vous êtes intéressé à faire un virage végétal, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un(e) nutritionniste spécialisé(e) en alimentation végétale et sportive.

Sources

  1. Craig, W. J., & Mangels, A. R. (2009). Position of the American Dietetic Association: vegetarian diets. Journal of the American Dietetic Association109(7), 1266-1282
  2. Bittman M. (2010) Diet and exercise to the extremes. New york times. https://www.nytimes.com/2010/05/13/sports/13runner.html (consulté le 19 mars 2019)
  3. Thomas, D. T., Erdman, K. A., & Burke, L. M. (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada, and the American College of Sports Medicine: nutrition and athletic performance. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics116(3), 501-528
  4. Masson G., Lamarche B. (2016). Many non-elite multisport endurance athletes do not meet sports nutrition recommendations for carbohydrates. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism41(7), 728-734
  5. Barnard, N. D., Goldman, D. M., Loomis, J. F., Kahleova, H., Levin, S. M., Neabore, S., & Batts, T. C. (2019). Plant-Based Diets for Cardiovascular Safety and Performance in Endurance Sports. Nutrients11(1), 130
  6. Davis B., Vesanto M. (2014) . Becoming vegan, the complete reference on plant-based nutrition. (Comprehensive edition). Canada. Book publishing compagny
  7. Santé Canada. Apports nutritionnels de référence – Valeurs de référence relatives aux vitamines. http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/nutrition/dri_tables-fra.pdf (consulté le 19 mars 2019)
  8. Rogerson, D. (2017). Vegan diets: practical advice for athletes and exercisers. Journal of the International Society of Sports Nutrition14(1), 36
  9. Extenso (2018) Habitudes alimentaire, il faut combiner deux sources de protéines végétales au même repas pour assurer leur complémentarité. http://www.extenso.org/article/il-faut-combiner-deux-sources-de-proteines-vegetales-au-meme-repas-pour-assurer-leur-complementarite/ (consulté le 21 mars 2019)
  10. Chouinard R., Lacombe N. (2016). Le guide d’entraînement et de nutrition. Montréal. Kmag
  11. Clark N. (2015). Nutrition du sportif. France. Edition Vigot.

 

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L’alimentation végétale est-elle sécuritaire pour les enfants?

Par Thao Bui, diététiste-nutritionniste

L’alimentation végétale connaît un réel essor depuis plusieurs années. Selon un sondage mené par l’Université Dalhousie, le Canada compte actuellement près de 3 millions de végétariens et végétaliens alors qu’il en comptait environ 900 000 en 2002.

Une alimentation à base de végétaux est plus écologique et il est reconnu que les végétariens et végétaliens ont moins de risque de souffrir de certaines maladies chronique comme le diabète type 2, le cancer et les maladies du cœur. De plus, la question de l’éthique animale touche de plus en plus de gens qui s’interrogent sur la souffrance liée à la consommation de produits animaux.

D’un autre côté, la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs occupent encore une place importante dans l’assiette des Canadiens et sont considérés essentiels à une alimentation équilibrée, selon la majorité des professionnels de la santé. Il est donc compréhensible que les parents se demandent si une alimentation végétale est sécuritaire pour leurs enfants.

Position officielle

Selon l’Academy of Nutrition and Dietetics (association américaine qui regroupe plus de 100 000 nutritionnistes), les Diététistes du Canada et la Société canadienne de pédiatrie, toute personne en santé est en mesure de combler ses besoins nutritionnels avec une alimentation végétalienne :

«[..] les régimes végétariens, (y compris végétaliens), convenablement planifiés, sont sains, adéquats sur le plan nutritionnel et peuvent fournir des avantages pour la santé pour la prévention et le traitement de certaines maladies. [..]. Les régimes végétariens et végétaliens équilibrés sont appropriés à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, l’âge adulte ainsi que pour les sportifs ».

Malgré cela, plusieurs professionnels de la santé sont inquiets pour la santé des enfants qui ne consomment pas de viande ou de lait. Selon plusieurs études, la croissance des enfants végétariens et végétaliens ne diffère pourtant pas de celle des enfants omnivores. Cependant, un enfant végétalien pourrait aussi être à risque de développer certaines carences nutritionnelles si son alimentation est mal équilibrée, tout comme ça pourrait aussi être le cas pour un enfant omnivore. Une alimentation variée et bien balancée est nécessaire pour tous, végétalien ou pas.

Énergie

Les nourrissons, les enfants et les adolescents en croissance ont des besoins caloriques considérables. Or, une alimentation à base de végétaux est généralement plus faible en calories, il est donc recommandé d’offrir des aliments riches en énergie tels que les noix et graines, les produits de soya (tofu et tempeh), les légumineuses et les avocats régulièrement aux enfants.

Protéines

Une protéine est composée d’acides aminés non-essentiels (ceux que le corps est en mesure de fabriquer) et essentiels (ceux que le corps est incapable de produire donc il faut absolument en consommer). Une protéine est dite complète lorsqu’elle contient tous les acides aminés dans la bonne proportion. C’est le cas notamment pour les protéines animales, pour le soya, le quinoa et le sarrasin. Les autres protéines végétales sont considérées comme étant incomplètes. De plus, vu le contenu élevé en fibres et en phytates des végétaux, les protéines végétales sont moins bien absorbées par l’organisme. Pour ces raisons, il est recommandé d’augmenter l’apport en protéines des enfants végétaliens de 10 à 15 % par rapport aux enfants omnivores. Recommandation assez simple à rencontrer puisque la majorité des gens vivant dans les pays industrialisés consomment plus de protéines que nécessaire. De façon générale, lorsqu’on consomme suffisamment de calories provenant des végétaux non transformés, qu’on mange varié et qu’il n’y a pas de condition médicale sous-jacente, le risque d’être déficient en protéines est presque nul.

Matières grasses

Les enfants végétaliens consomment environ 30% moins de matières grasses que les enfants omnivores, mais cela ne semble pas avoir de répercussion sur leur croissance. Tout de même, chez les tout-petits, on recommande d’intégrer régulièrement des aliments naturellement riches en gras tels que les noix, les graines et les avocats à leur régime, pour assurer le bon développement de leur cerveau.

Oméga-3

Il y a deux catégories d’oméga-3 :

  • L’acide alpha-linolénique (ALA) qui se retrouve dans les aliments de source végétale (huile de canola, huile et graines de caméline, huile et graines de lin, graines de chia, huile et graines de chanvre, huile et noix de Grenoble, huile de soya et produits de soya, etc.)
  • L’acide docosahexaénoïque (ADH) et l’acide eicosapentaénoïque (AEP) qui se retrouvent dans les poissons (qui consomment des micro-algues), les suppléments de micro-algues (qu’on retrouvent maintenant en suppléments et les produits enrichis).

L’alimentation végétale est naturellement faible en ADH et en AEP et les végétaliens ont effectivement des taux sanguins d’ADH et d’AEP abaissés. À ce jour, on ignore les conséquences d’un tel taux sanguin. Vu leur importance dans le développement du cerveau et des yeux, les experts recommandent aux femmes enceintes et aux jeunes enfants végétaliens de prendre un supplément d’ADH et d’AEP et au reste de la population qui adopte l’alimentation végétale de doubler leurs apports en ALA.

Vitamine B12

La vitamine B12 active pour le corps humain est absente du règne végétal, cette vitamine étant produite par les bactéries du sol et les bactéries présentes dans les systèmes digestifs des animaux et des humains. Certains aliments tels que le tempeh et la spiruline contiennent une forme inactive de la B12 sur laquelle on ne peut pas se fier pour combler nos besoins. Les végétaliens doivent prendre des suppléments ou des aliments enrichis en cette vitamine. Les bébés végétaliens reçoivent de la B12 directement du lait maternel ou de la formule pour nourrissons. Il est donc primordial que les mères enceintes et allaitantes prennent un supplément de vitamine B12.  À partir de l’âge de 12 mois, le supplément peut être offert directement à l’enfant.

Vitamine D

La vitamine D peut être obtenue via l’alimentation (poisson gras, foie, œufs enrichis, lait de vache et boissons végétales enrichies), l’exposition au soleil et les suppléments. Puisque nous demeurons dans un pays nordique et que les aliments riches en vitamine D ne sont pas des aliments consommés fréquemment (végétalien ou non), il est recommandé de prendre un supplément de vitamine D d’octobre à avril.

Calcium

Selon les données, l’apport en calcium des végétaliens serait inférieur aux recommandations. Toutefois, cela ne semble pas avoir de conséquences cliniques. Par précaution, il est tout de même recommandé d’atteindre ses besoins en calcium. Les végétariens qui consomment régulièrement des produits laitiers comblent facilement leurs besoins, mais il est également possible de consommer suffisamment de calcium sans produits laitiers. De nombreux végétaux tels que les légumes verts pauvres en oxalates, les légumineuses, les noix et les graines (graines de sésame décortiqués, graines de chia, etc.) fournissent une bonne quantité de ce minéral. Chez les jeunes enfants et les adolescents, les boissons végétales enrichies peuvent aider à atteindre les recommandations en calcium.

Fer

La déficience en fer est fréquente chez les jeunes enfants qu’ils soient omnivores ou végétaliens. Toutefois, plusieurs études auprès des jeunes enfants indiquent qu’il n’y a pas de cas d’anémie lorsque la consommation de fer est suffisante. Les aliments d’origine végétale contiennent une quantité appréciable de fer. Il est à noter que le fer provenant des végétaux (non-hémique) est moins bien absorbé par le corps. Toutefois, il est possible de contrer cet effet et d’améliorer son absorption en consommant les aliments riches en fer avec une source de vitamine C (ex : poivrons, kiwi, fraises, agrumes, tomates, etc.).

Iode

L’alimentation végétale est faible en iode, un nutriment important pour le bon fonctionnement de la thyroïde. L’utilisation de sel iodé ou un supplément d’iode est recommandé pour éviter une déficience. Les algues peuvent être une source d’iode, cependant, leur contenu en ce minéral diffère énormément d’une variété à l’autre.

Lait

L’allaitement maternel et la préparation commerciale pour nourrissons à base de soya sont des choix adaptés aux bébés végétaliens. Les études ont démontré qu’il n’y a pas de différence entre la croissance d’un bébé qui consomme une formule à base de soya et celui qui consomme une formule à base de lait de vache. À partir de l’âge de 12 mois, une boisson de soya enrichie peut être introduite en adaptant le contenu en gras de l’alimentation du petit. Les autres boissons végétales (amandes, riz, avoine, etc.) qui sont plus pauvres en gras et en protéines ne sont pas adaptées aux jeunes enfants. En cas d’allergie, il est recommandé de consulter un ou une nutritionniste afin d’explorer les options possibles.

Bref, une alimentation végétale bien équilibrée comble les besoins nutritionnels d’un enfant en croissance. Elle réduit également ses risques de développer plusieurs maladies au cours de sa vie, dont des maladies cardiovasculaires, en plus de contribuer à un mode de vie écoresponsable pour la planète.

Références :

  • American Dietetic Association, Dietitians of Canada. Position of the American Dietetic Association and Dietitians of Canada: Vegetarian diets. Can J Diet Pract Res 2003;64:62-81
  • Amit M; Société canadienne de pédiatrie , Comité de la pédiatrie communautaire. Les régimes végétariens chez les enfants et les adolescents. Paediatr Child Health 2010;15(5):309-14
  • Davis BC, Kris-Etherton PM. Achieving optimsl essentiel fatty acid status in vegetarians: current knowledge and pratical implications. Am  j Clin Nutr 2003; 78 (suppl): 640s-6s.
  • Davis B, Vesanto M. (2014) . Becoming vegan, the complete reference on plant-based nutrition. (Comprehensive edition). Canada. Book publishing compagny.
  • Messina V, Mangels AR. Considerations in planning vegetarian diets: Children. J Am Diet Assoc 2001;101:661-9
  • OPDQ. Manuel de nutrition clinique- Végétarisme. http://opdq.org/mnc/vegetarisme/ (consulté le 18 mars 2016)
  • Orlich M.J. et al. Vegetarian dietary pattern and motality in Advendist Health Study 2. JAMA internMed 2013; 173 (13): 1230-1238.
  • Norris J, Messina V. (2011).  Vegan for life (1st ed). Boston, USA. Da Capo press .
  • Pawlak R et al. How prevalent id vitamin B12 deficiency among vegetarians? Nutrition reviews 2013; 71 (2): 110-117.
  • Piccoli GB et al. Vegan-vegetarian diets in pregnancy: danger or panacea? A systematic narrative review. Royal college of Obstetricians and Gynaecologists 2015; 623-633.
  • Santé Canada. Apports nutritionnels de référence – Valeurs de référence relatives aux vitamines. http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/nutrition/dri_tables-fra.pdf (consulté le 19 mars 2016)
  • Vandeplas Y et al. Safety of soya-based  infant formulas in children. British journal of nutrition. 2014; 111: 1940-1360.
  • Winston JC. Health effects of vegan diets. Am J Clin nutr 2009;89 (suppl);1627s-33s.

 

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Salade de mangues, poivrons et noix d’acajou

Recette tirée de : Baribeau, H., Mercier, M. Ménager la chèvre et manger le chou. Éditions La Semaine. 2018.

Salade de mangues, poivrons et noix d'acajou

  • Portions: 6 portions
  • Difficulté: facile
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Pour convertir cette entrée de salade en repas : la servir sur un lit de pâtes aux haricots noirs (ex : Explore Asian) ou de vermicelle de riz brun et ajouter quelques cubes de tofu mariné à la sauce soya que vous pouvez sauter dans la poêle quelques minutes.

Ingrédients

Salade :

  • 2 mangues mûres mais encore fermes
  • 2 poivrons rouges coupés en fines juliennes
  • 2 tasses de noix de cajou ou d’arachides (que vous pouvez faire griller au préalable)
  • 1 tasse de chou chinois haché grossièrement
  • 5 oignons verts hachés
  • ½ tasse de coriandre fraîche hachée (Remplacer par la menthe si c’est ce que vous préférez)

Vinaigrette :

  • Le jus de 3 limes
  • 6 cuillères à soupe de tamari réduit en sodium
  • 6 cuillères à soupe de vinaigre de riz
  • 1 pincée de piments forts broyés (au goût)

Instructions

  1. Nettoyer les légumes
  2. Couper les mangues et les poivrons rouges en fines juliennes
  3. Hacher le chou chinois
  4. Ciseler les oignons verts
  5. Hacher la coriandre fraîche
  6. Mélanger les ingrédients pour la vinaigrette
  7. Tout mettre dans un bol à salade
  8. Saler et poivrer au goût!
  9. Déguster

Petits pains farcis du Temps des Fêtes

Recette de Linda Montpetit, Dt.P. Nutritionniste

« D’aussi loin que je me souvienne, aucun menu des Fêtes n’était complet sans les petits pains farcis de ma mère.  Voici ma version totalement végétale et pleinement réconfortante. » – Linda

Petits pains farics

  • Portions: 12 petits pains
  • Difficulté: facile
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Appareil spécialisé : robot culinaire (facultatif)

Ingrédients

1 bloc de tofu ferme (454 g, 16 oz)*

1 grosse carotte, hachée

1 branche de céleri, hachée

1 oignon, haché

1 gousse d’ail, hachée

250 ml (1 tasse) d’eau

375 ml (1 ½ tasse) de tomates broyées

1 c. à soupe de moutarde de Dijon

2 c. à soupe de sauce tamari

2 c. à soupe de mélasse

2 c. à soupe de vinaigre balsamique

2 c. à soupe de levure nutritionnelle

12 petits pains  à salade de grains entiers ou 2 baguettes coupées en 5 à 6 tronçons de 10 cm (4 pouces) 

Instructions

Égoutter et rincer le tofu. Couper en morceaux et hacher au robot culinaire ou à la fourchette. Réserver. Verser un filet d’huile d’olive dans une grande poêle avec couvercle. Faire revenir l’oignon, les carottes et le céleri de 3 à 4 minutes, jusqu’à ce que l’oignon soit translucide et les légumes attendris.  Ajouter l’ail et poursuivre la cuisson 1 minute. Ajouter le tofu et le reste des ingrédients, sauf la levure. Couvrir et laisser mijoter à feu doux environ 15 minutes. Découvrir et poursuivre la cuisson environ 10 minutes, jusqu’à ce qu’il n’y ait presque plus de liquide. Retirer du feu et ajouter la levure. Saler et poivrer au goût. Préchauffer le four à 180 Cº  (350 Fº ). Fendre les petits pains au centre et les farcir du mélange de tofu. Déposer sur une plaque à cuisson et cuire au four environ 10 minutes.

* Pour une version sans soya, remplacer le tofu par 3 tasses de lentilles cuites.

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Version des petits pains farcis avec des lentilles

Alimentation végétale et intestin irritable : la diète FODMAP à la rescousse!

Par Mélanie Narbonne, Dt.P. (diététiste professionnelle)

Le syndrome de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est un trouble digestif fonctionnel chronique qui touche 13 à 20 % de la population canadienne. Bien que ce syndrome affecte l’intestin, il peut aussi se manifester par des reflux gastro-oesophagiens ou de la dyspepsie (inconforts digestifs). Les symptômes qui sont le plus souvent associés au SII consistent en de la douleur et/ou de la distension abdominale, des ballonnements, des troubles de motilité (diarrhée et/ou constipation), une sensation d’évacuation incomplète, des flatulences et du borborygme. Certaines conditions accompagnent parfois le SII: troubles du sommeil, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, maux de dos, douleur pelvienne chronique, cystite interstitielle et migraines. Chaque personne aux prises avec le SII étant unique, les symptômes peuvent donc largement varier d’un individu à l’autre.

Des anomalies du système nerveux entérique et du microbiote intestinal font partie des mécanismes proposés pour expliquer les symptômes du SII. La survenue de la condition est parfois précipitée par certains facteurs, tels qu’un stress psychologique, la prise d’antibiotiques, une infection gastro-intestinale, une intoxication alimentaire, un épisode de diarrhée du voyageur et l’abus chronique d’alcool. Une prédisposition génétique pourrait également contribuer à l’apparition des symptômes.

Comme il n’existe aucun test spécifique pour déterminer si une personne souffre ou non d’un SII, le diagnostic en est donc un d’exclusion. Le médecin traitant doit d’abord éliminer la présence de toutes autres causes pouvant expliquer les symptômes (maladie cœliaque, maladies inflammatoires de l’intestin, allergies alimentaires, infection gastro-intestinale, infection parasitaire) avant de pouvoir poser le diagnostic de SII. Différentes options thérapeutiques peuvent être offertes au patient selon la nature de ses symptômes et des facteurs précipitants: modifications alimentaires, saines habitudes de vie, médication, psychothérapie, techniques de relaxation.

Le traitement nutritionnel

Le traitement nutritionnel du SII consiste tout d’abord en l’application de certaines mesures générales dont, entre autres, éviter l’aérophagie excessive (ingestion d’air avec le bol alimentaire), manger lentement à des heures régulières, fractionner les repas, éviter de boire beaucoup de liquide aux repas et réduire la consommation de matières grasses et de stimulants intestinaux (caféine, nicotine, alcool). Bien que certains individus obtiennent une bonne réponse aux recommandations de base, il s’avère parfois nécessaire de tenter d’autres approches.

L’alimentation faible en FODMAP fait partie des approches les plus recommandées contre le SII. En effet, depuis 2005, plusieurs études scientifiques démontrant l’efficacité de l’alimentation faible en FODMAP pour contrôler les symptômes du SII ont été publiées. Ce régime alimentaire, qui a gagné en popularité au fil des années, est maintenant proposé à travers le monde par des gastro-entérologues et des nutritionnistes.

L’alimentation faible en FODMAP a été développée par des chercheurs de l’Université Monash à Melbourne (Australie). L’acronyme FODMAP provient des termes anglais suivants : Fermentable – Oligosaccharides – Disaccharides – Monosaccharides – And – Polyols. Il s’agit d’une alimentation faible en glucides fermentescibles à chaîne courte dont font partie les fructanes, les galacto-oligosaccharides, le lactose, le fructose (en excès) et les polyols (sorbitol, mannitol, xylitol, isomalt). Les glucides de type FODMAP sont très peu digérés et absorbés par l’intestin grêle. Ils se retrouvent donc en bonne partie intacts au niveau du côlon et sont fermentés par les bactéries qui s’y trouvent. Ces glucides servent donc de nourriture aux bactéries du côlon, qui les utilisent comme source d’énergie. Chez certaines personnes, la présence de FODMAP au niveau du côlon peut entraîner les symptômes du SII. En effet, ces glucides peuvent créer un appel d’eau par osmose et ainsi provoquer des diarrhées. De plus, les gaz produits par la fermentation bactérienne peuvent causer de la distension (ballonnements) et des douleurs abdominales associées ou non à de la constipation.

On estime que l’approche FODMAP est efficace chez environ 70-75% des patients souffrant de SII. Cette approche se doit d’être appliquée sous forme d’un protocole incluant 3 phases : la phase d’élimination (2-6 semaines), la phase de réexposition (9-10 semaines) et la phase de réintroduction (durée variable). Les deux dernières phases sont particulièrement importantes, car elles permettent à l’individu d’identifier les quantités maximales d’aliments riches en FODMAP qu’il peut tolérer.

L’alimentation végétale faible en FODMAP

À l’exception de certains produits laitiers, la vaste majorité des aliments riches en FODMAP proviennent du règne végétal (plusieurs fruits, légumes, produits céréaliers et légumineuses). Notamment, il s’avère que les légumineuses, qui constituent la base d’une alimentation végétarienne/végétalienne, sont une source importante d’oligosaccharides (fructanes et galacto-oligosaccharides). Dans ce contexte, une alimentation exclusivement basée sur les végétaux contient nécessairement une quantité non négligeable de glucides de type FODMAP.

Bien qu’une attention particulière doit être portée à certains nutriments (fer, calcium, iode, vitamines B12 et D et acides gras oméga-3), consommer suffisamment de protéines sans avoir un excès d’oligosaccharides constitue le principal défi d’un individu végétarien/végétalien qui fait l’essai d’une alimentation faible en FODMAP. En effet, une personne ayant une alimentation de type omnivore comblera la majorité de ses besoins en protéines en consommant des aliments d’origine animale exempts de FODMAP (viande rouge, volaille, poisson, fruits de mer, œufs, produits laitiers faibles en lactose). Quant à une personne végétarienne, les œufs ainsi que les produits laitiers faibles en lactose contribueront dans une certaine mesure à assurer un apport adéquat en protéines. Pour ce qui est d’un individu végétalien, le suivi d’une alimentation faible en FODMAP représentera certainement un défi beaucoup plus grand durant la phase d’élimination quoique surmontable si le régime est bien planifié. Le paragraphe suivant présente une liste non exhaustive d’aliments riches en protéines végétales classés selon leur teneur en FODMAP. Les quantités spécifiées pour les aliments à favoriser doivent être respectées afin d’assurer un apport réduit en glucides fermentescibles.

Sources de protéines végétales à faible teneur en FODMAP (à favoriser)

  • Amandes, noisettes, pacanes (10)
  • Arachides (32)
  • Beurre d’amande (15 ml/1 c. soupe)
  • Beurre d’arachide (30 ml/2 c. soupe)
  • Edamame, écossées (125 ml/½ tasse)
  • Graines de chia, tournesol, citrouille (30 ml/2 c. soupe)
  • Graines de lin, de sésame (15 ml/1 c. soupe)
  • Haricots azuki en conserve, bien rincés (60 ml/¼ tasse)                        
  • Haricots de Lima, bouillis ou en conserve, bien rincés (60 ml/¼ tasse)
  • Haricots mungo, bouillis (60 ml/¼ tasse)
  • Haricots rouges en conserve, bien rincés (125 ml/½ tasse)
  • Isolat de protéines de pois (sans inuline) (40 g/2 c. soupe)
  • Isolat de protéines de riz germé (sans inuline) (40 g/2 c. soupe)
  • Lentilles vertes/rouges, bouillies (60 ml/¼ tasse)
  • Lentilles en conserve, bien rincées (125 ml/½ tasse)
  • Noix de macadam (20)
  • Noix de Grenoble (10 moitiés)
  • Noix de pin (15 ml/1 c. soupe)
  • Pois chiches en conserve, bien rincés (60 ml/¼ tasse)
  • Quinoa, cuit (250 ml/1 tasse)
  • Seitan (gluten de blé), nature (30 g)
  • Tempeh, nature (100 g)
  • Tofu nature, ferme (2/3 tasse, 160 g)

Sources de protéines végétales à haute teneur en FODMAP (à limiter)

  • Boisson de soya
  • Burgers végétaliens du commerce
  • Charcuteries végétaliennes
  • Haricots azuki, bouillis
  • Haricots blancs, bouillis ou en conserve
  • Haricots noirs, bouillis ou en conserve
  • Haricots rouges, bouillis
  • Noix de cajou
  • Pâtes alimentaires à base de légumineuses
  • Pistaches
  • Pois cassés
  • Pouding au soya
  • Protéine végétale texturée
  • Saucisses végétaliennes du commerce
  • Sans-viande haché
  • Tofu aromatisé du commerce
  • Tofu mou (soyeux)

Dans le cas du végétarisme/végétalisme, certaines stratégies diététiques pourront assurer à la fois le confort digestif et l’équilibre nutritionnel de la diète faible en FODMAP. Par exemple, il peut être judicieux d’accorder une plus grande place aux sources de protéines végétales (ex.: légumineuses) et de limiter les autres sources de FODMAP (ex. : fruits). Aussi, le choix d’aliments ayant subi certaines méthodes de transformation peut permettre une plus grande diversité alimentaire. En effet, une étude publiée en 2018 de l’Université Monash a démontré que la technique de cuisson, la mise en conserve, le marinage, la fermentation et la germination peuvent contribuer à diminuer le contenu en FODMAP des aliments. Finalement, lors de la phase de réexposition, il peut être pratique de débuter les tests avec les sources d’oligosaccharides afin de réintégrer plus rapidement une plus grande variété de protéines végétales.

L’importance du suivi par un professionnel de la santé expérimenté

L’accompagnement par un professionnel de la santé qualifié lors de l’essai de l’alimentation faible en FODMAP est recommandé. Un nutritionniste expérimenté s’assurera que tous les besoins nutritionnels sont comblés durant la phase d’élimination. De plus, il offrira un soutien précieux pour la réintroduction graduelle des FODMAP dans l’alimentation afin d’assouplir les restrictions lorsque cela est possible. En effet, les FODMAP sont des prébiotiques qui exercent des impacts favorables sur le microbiote intestinal. Il convient donc d’en réintroduire le plus possible à l’alimentation, tout en visant le maintien du confort digestif. Sur le long terme, les individus qui répondent bien au protocole FODMAP adopteront une alimentation personnalisée en fonction de la quantité maximale tolérée de chaque type de FODMAP, permettant ainsi un apport régulier en prébiotiques et une plus grande variété alimentaire.

RÉFÉRENCES

  • Bélanger, M., Leblanc, M.-J., Dubost, M, La nutrition. Chenelière Éducation, 2015: p. 86-87.
  • Catsos, P., The IBS Elimination Diet and Cookbook. Harmony Books, 2017: p. 38-39, 153, 231.
  • Gastrointestinal Society. Irritable Bowel Syndrome. Consulté le 4 août 2018. En ligne :
  • https://badgut-5q10xayth7t3zjokbv.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/GIS-PIH-IS.pdf
  • Manuel de nutrition clinique. Syndrome du côlon irritable. Consulté le 4 août 2018.
  • En ligne : https://opdq.org/mnc/syndrome-du-colon-irritable-sci/
  • Mariotti, F., Vegetarian and Plant-Based Diets in Health and Disease Prevention. Elsevier, 2017: p. 476-477.
  • Martin, L., Re-challenging and Reintroducing Fodmaps. A self-help guide to the entire reintroduction phase of the low FODMAP diet, octobre 2015: 78 pages.
  • Monash University. Eating vegan on a low FODMAP diet. Consulté le 5 août 2018. En ligne : https://www.monashfodmap.com/blog/being-vegan-on-low-fodmap-diet/
  • Monash University. Low FODMAP Vegan Guide – How to get enough protein. Consulté le 5 août 2018. En ligne : https://www.monashfodmap.com/blog/low-fodmap-vegan-guide-how-to-get/
  • Monash University. Low FODMAP Diet app. Consulté le 27 août 2018. En ligne : http://www.med.monash.edu/cecs/gastro/fodmap/iphone-app.html
  • Scarlata, K., Wilson, D., The Low-FODMAP Diet Step by Step, Da Capo Press, 2018: p. 52-53.
  • Shepherd, S., Gibson, P., The Complete Low-FODMAP Diet: A Revolutionary Plan for Managing IBS and Other Digestive Disorders. The Experiment, 2013: 276 pages.
  • Tuck, C., et al., Fermentable short chain carbohydrate (FODMAP) content of common plant-based foods and processed foods suitable for vegetarian- and vegan-based eating patterns. Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2018. 31: p. 422-435.

 

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Une assiette climato-sympathique: parlons-en!

Une assiette climato-sympathique: parlons-en!

Nous mangeons trois fois par jour. C’est donc plus ou moins mille fois par année où, par nos choix alimentaires, nous pouvons choisir d’aider ou de nuire à notre santé, ainsi qu’à celle de notre planète.

Il est impératif de ne plus minimiser l’impact de chaque acte alimentaire individuel. Des discours tels  “il est trop tard pour agir” ou “mes actions à elles seules ne changeront rien”, ne s’appliquent pas quand il est question de réduire notre empreinte écologique, car le temps presse.

Dans un manifeste publié en novembre 2017 dans la revue Bioscience et endossé par 15 364 scientifiques de 184 pays, on apprend que parmi les mesures les plus efficaces pour réduire notre empreinte écologique et freiner le réchauffement climatique, deux solutions en lien avec l’alimentation sont proposées :

1-Promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale.

2-Réduire le gaspillage alimentaire.

L’adoption d’une alimentation basée sur les végétaux plutôt que d’une diète basée sur les protéines animales représente en effet un choix judicieux pour quiconque souhaite faire sa part pour l’environnement.

L’industrie agricole, avec 80% des terres cultivées consacrées aux animaux d’élevage, est responsable de la production de 14,5 % des gaz à effet de serre (GES) produits mondialement, ce qui est légèrement supérieur aux GES issus des émissions liées aux transports, toutes formes confondues.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agriculture est aussi l’activité humaine nécessitant la plus grande surface terrestre et est ainsi responsable de vastes déforestations. Les conséquences en sont dramatiques : perte de biodiversité, relâchement massif de CO2 dans l’atmosphère, appauvrissement des sols, pollution des eaux, etc.

On ne peut plus nier que l’élevage d’animaux destinés à la consommation humaine occasionne d’importants dommages environnementaux. La culture de protéines végétales, quant à elle, fait bien meilleure figure : notamment, les légumineuses et le soya requièrent moins d’eau et sont responsables d’une moindre production de gaz à effet de serre que la production de bœuf et autres produits animaux. Une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford a d’ailleurs démontré qu’un végétarien produit deux fois moins de GES qu’un omnivore!  Oui, la viande peut plaire au goût, mais au-delà du plaisir éphémère de nos papilles, il faut penser à l’impact négatif que ce simple geste a sur la planète.

En tant que professionnels de la santé en faveur d’une alimentation centrée sur les végétaux, nous ajoutons notre voix aux organisations suivantes:

  • L’organisation mondiale de la santé (OMS) qui suggère que notre alimentation soit basée sur les végétaux et non les animaux;
  • L’Academy of Nutrition and Dietetics (qui représente plus de 100 000 nutritionnistes en Amérique du Nord) qui est en accord qu’une alimentation végétale peut prévenir et même traiter les problèmes de santé ainsi que réduire notre impact écologique;
  • Les 15 364 scientifiques signataires du manifeste publié dans la revue Bioscience ci-haut mentionné.

L’impact de l’alimentation sur l’environnement est la plupart du temps passé sous silence dans la campagne électorale actuelle. De plus, si on ne commence pas sérieusement à faire de la prévention, qui implique nécessairement un virage vers une alimentation davantage végétale, ce sera bientôt 70 % du budget qui sera accordé à la santé, tel que stipulé par l’Institut canadien d’information en santé (ICIS); ça ne laisse donc plus beaucoup d’argent pour les autres missions de l’état.

Il est critique de placer l’environnement en tête de liste de nos priorités. Comment, donc, faire une différence au quotidien pour sauver notre planète? En savourant une alimentation basée sur les végétaux… une assiette climato-sympathique à la fois!

 

Les nutritionnistes Hélène Baribeau, M.Sc., Dt.P., Marjolaine Mercier, Dt.P., Marilyne Petitclerc, M.Sc., Dt.P., Natalie Rousseau, M.Sc., Anne-Marie Roy, Dt.P. et Julie Taillefer, Dt.P. pour l’Association des Professionnels de la Santé pour l’Alimentation Végétale (www.apsav.org).

 

Manger végé, punition ou solution?

L’initiative de la compagnie WeWork, qui a retiré la viande de ses menus, a récemment fait couler beaucoup d’encre. Pour quelques personnes, cette initiative est considérée extrémiste et brime la liberté de choix. L’Association des Professionnels de la Santé pour l’Alimentation Végétale (APSAV) tient à justifier pourquoi elle appuie cette initiative. Nous croyons qu’il s’agit d’une excellente façon d’encourager des choix alimentaires plus sains et écologiques auprès des employés de l’entreprise, sans toutefois imposer le végétarisme.

Un argument invoqué contre l’initiative de WeWork est que l’humain est omnivore et qu’il lui est essentiel de manger de la viande. L’humain a certes la capacité de manger de tout pour survivre, mais d’un point de vue nutritionnel, la viande n’est pas nécessaire.

D’un point de vue santé, la science est unanime et l’Organisation Mondiale de la Santé le confirme dans ses recommandations: nous devons opter pour une alimentation principalement végétale afin de prévenir les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2 et certains types de cancer. (1). En effet, une alimentation végétale bien planifiée est riche en fibres alimentaires et en certains nutriments (potassium, magnésium, folate, etc.) dont l’alimentation des Québécois est actuellement déficiente (2).

Aussi, la consommation de viande rouge a été classée comme probablement cancérogène et celle de la viande transformée comme cancérogène par le Centre international de Recherche sur le Cancer en 2015 (3). De plus, l’ajout d’antibiotiques à l’alimentation des animaux d’élevage comme facteur de croissance contribue à la résistance aux antibiotiques chez l’humain, phénomène qui inquiète les autorités de santé publique (4).

En ce qui concerne l’environnement, près de 80 % des terres agricoles sont consacrées à l’élevage d’animaux alors que ceux-ci fournissent moins de 20% des calories consommées (5). On ne peut plus nier que l’élevage exerce une énorme pression sur les ressources en plus d’être une des sources principales de gaz à effet de serre (6).

En continuant à consommer autant de viande et d’autres produits animaux (qu’ils soient biologiques ou non), il ne sera pas soutenable de nourrir une population mondiale qui approchera les 10 milliards d’individus d’ici 2050.  

Nous sommes d’avis que la consommation de viande doit être revue à la baisse, car celle-ci menace non seulement la santé de la population mais aussi celle de notre planète. On a d’ailleurs appris ces jours-ci que l’humanité vit déjà sur des ressources naturelles empruntées (7)!

En tant qu’association, nous souhaitons que d’autres entreprises s’inspirent de l’initiative de WeWork. Nous croyons qu’il est innovateur d’offrir des repas sans viande dans les cafétérias d’entreprises. Nous suggérons même de faire du renforcement positif auprès des employés en leur offrant des avantages supplémentaires lorsqu’ils choisissent un repas végé au restaurant, sans nécessairement pénaliser ceux qui ne le font pas. Nous appelons également les restaurateurs à offrir des options végé afin de faire partie de la solution tout en desservant un segment grandissant de la population. Près de 10% des Canadiens se disent végétariens ou végétaliens, sans compter le nombre croissant d’omnivores qui cherchent à réduire leur consommation de viande (8). Nous croyons qu’il est important que ces initiatives s’accompagnent d’une campagne de sensibilisation aux impacts positifs d’une alimentation riche en végétaux.

Les nutritionnistes Hélène Baribeau, M.Sc., Dt.P., Marjolaine Mercier, Dt.P., Marilyne Petitclerc, M.Sc., Dt.P., Anne-Marie Roy, Dt.P. et Julie Taillefer, Dt.P. pour l’Association des Professionnels de la Santé pour l’Alimentation Végétale (APSAV).

Références :

  1. World Health Organization (n.d.). A Healthy Lifestyle. (En ligne) http://www.euro.who.int/en/health-topics/disease-prevention/nutrition/a-healthy-lifestyle (Consultée le 6 août 2018).
  2. Institut National de Santé Publique du Québec (2009). La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. (En ligne) https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/931_RapportNutritionAdultes.pdf (Consultée le 6 août 2018)
  3. International Agency for Research on Cancer. Volume 114: Consumption of red meat and processed meat. IARC Working Group. Lyon; 6–13 September, 2015. IARC Monogr Eval Carcinog Risks Hum (in press). https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(15)00444-1/fulltext
  4. American Journal of Public Health (2015). Antibiotics Overuse in Animal Agriculture: A Call to Action for Health Care Providers. December; 105(12): 2409–2410. Published online 2015 December. doi:  10.2105/AJPH.2015.302870 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4638249/
  5. WWF (2016). Rapport Planète Vivante 2016. (En ligne). http://awsassets.wwfffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf (Consultée le 7 août 2018).
  6. FAO (2013). Tackling Climate Change through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities, Rome : Food and agriculture organisation of the United Nations.
  7. Le Devoir (2018). L’humanité a épuisé les ressources de la planète pour 2018. (En ligne) https://www.ledevoir.com/societe/environnement/533479/des-mercredi-l-humanite-aura-epuise-les-ressources-de-la-planete-pour-2018 (Consultée le 6 août 2018).
  8. La Presse (2018). Les jeunes plus susceptibles d’adopter un mode de vie végétarien ou végétalien. (En ligne) http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201803/13/01-5157186-les-jeunes-plus-susceptibles-dadopter-un-mode-de-vie-vegetarien-ou-vegetalien.php (Consultée le 6 août 2018).

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande une alimentation composée principalement de végétaux.

Voici les 12 recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une alimentation et un mode de vie sain (adaptation et traduction libre):

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  1. Opter pour une alimentation composée d’une variété d’aliments d’origine végétale, plutôt que d’origine animale.
  2. Consommer  une variété de grains entiers (pain, des pâtes et du riz) ou des pommes de terre plusieurs fois par jour.
  3. Manger une variété de légumes et de fruits, de préférence frais et locaux, plusieurs fois par jour (au moins 400g par jour).
  4. Maintenir un poids corporel entre les limites recommandées (un IMC de 18,5-25) en intégrant des niveaux d’activité physique modérés à vigoureux, de préférence tous les jours.
  5. Limiter votre apport en lipides (gras) (pas plus de 30% de l’énergie quotidienne) et remplacer la plupart des gras saturés par des gras insaturées.
  6. Remplacer la viande grasse et les produits carnés par des haricots, des légumineuses, des lentilles, du poisson, de la volaille ou de la viande maigre.
  7. Utiliser du lait et des produits laitiers (kéfir, lait aigre, yaourt et fromage) qui sont faibles en gras et en sel.
  8. Modérer votre consommation de sucres ajoutés en limitant la fréquence des boissons sucrées, des bonbons et autres aliments riches en sucres ajoutés.
  9. Opter pour une alimentation pauvre en sel. L’apport total en sel ne doit pas dépasser une cuillerée à thé (5g) par jour, y compris le sel dans le pain et les aliments transformés, salés et en conserve. (L’iodation du sel devrait être universelle dans les endroits où la carence en iode est un problème).
  10. L’OMS n’établit pas de limites particulières pour la consommation d’alcool car les données montrent que la solution idéale pour la santé est de ne pas en boire du tout, donc moins c’est mieux.
  11. Préparer la nourriture d’une manière sûre et hygiénique. Cuire à la vapeur, au four, faire bouillir ou utiliser le micro-ondes pour aider à réduire la quantité de gras ajouté.
  12. Promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et l’introduction d’aliments complémentaires sûrs et adéquats dès l’âge de 6 mois environ. Promouvoir la poursuite de l’allaitement pendant les 2 premières années de la vie.
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Référence:

http://www.euro.who.int/en/health-topics/disease-prevention/nutrition/a-healthy-lifestyle

Quinze mille scientifiques alertent sur l’état de la planète

« « Mise en garde des scien­tifiques à l’humanité : deuxième avertissement. » C’est une alerte solennelle que publient, lundi 13 novembre dans la revue BioScience, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes ou ­encore agronomes, spécialistes du climat ou des océans, de zoologie ou d’halieutique, les auteurs mettent en garde contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l’humanité pousser « les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ».

Leur texte, que publie Le Monde en intégralité, enjoint aux décideurs et aux responsables politiques de tout mettre en œuvre pour « freiner la destruction de l’environnement » et éviter que ne s’aggrave l’épuisement des services rendus par la nature à l’humanité. « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. » »

Voici quelques mesures proposées par ces scientifiques pour protéger notre planète:

  • protéger ou «ré-ensauvager» des régions afin de préserver la diversité des habitats et des espèces et «rétablir des processus écologiques»
  • réduire le gaspillage alimentaire
  • privilégier une alimentation d’origine végétale
  • consommer des énergies «vertes» en diminuant la part des combustibles fossiles
  • développer des technologies vertes
  • aborder la question de la taille de la population humaine.

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Pour ces scientifiques, «il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures (…) ».

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En savoir plus sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/quinze-mille-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete_5214199_3244.html#4OmOJiZWZad3Jfmo.99

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/13/01008-20171113ARTFIG00185-nous-mettons-en-peril-notre-avenir-15000-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete.php