Une assiette climato-sympathique: parlons-en!

Une assiette climato-sympathique: parlons-en!

Nous mangeons trois fois par jour. C’est donc plus ou moins mille fois par année où, par nos choix alimentaires, nous pouvons choisir d’aider ou de nuire à notre santé, ainsi qu’à celle de notre planète.

Il est impératif de ne plus minimiser l’impact de chaque acte alimentaire individuel. Des discours tels  “il est trop tard pour agir” ou “mes actions à elles seules ne changeront rien”, ne s’appliquent pas quand il est question de réduire notre empreinte écologique, car le temps presse.

Dans un manifeste publié en novembre 2017 dans la revue Bioscience et endossé par 15 364 scientifiques de 184 pays, on apprend que parmi les mesures les plus efficaces pour réduire notre empreinte écologique et freiner le réchauffement climatique, deux solutions en lien avec l’alimentation sont proposées :

1-Promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale.

2-Réduire le gaspillage alimentaire.

L’adoption d’une alimentation basée sur les végétaux plutôt que d’une diète basée sur les protéines animales représente en effet un choix judicieux pour quiconque souhaite faire sa part pour l’environnement.

L’industrie agricole, avec 80% des terres cultivées consacrées aux animaux d’élevage, est responsable de la production de 14,5 % des gaz à effet de serre (GES) produits mondialement, ce qui est légèrement supérieur aux GES issus des émissions liées aux transports, toutes formes confondues.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agriculture est aussi l’activité humaine nécessitant la plus grande surface terrestre et est ainsi responsable de vastes déforestations. Les conséquences en sont dramatiques : perte de biodiversité, relâchement massif de CO2 dans l’atmosphère, appauvrissement des sols, pollution des eaux, etc.

On ne peut plus nier que l’élevage d’animaux destinés à la consommation humaine occasionne d’importants dommages environnementaux. La culture de protéines végétales, quant à elle, fait bien meilleure figure : notamment, les légumineuses et le soya requièrent moins d’eau et sont responsables d’une moindre production de gaz à effet de serre que la production de bœuf et autres produits animaux. Une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford a d’ailleurs démontré qu’un végétarien produit deux fois moins de GES qu’un omnivore!  Oui, la viande peut plaire au goût, mais au-delà du plaisir éphémère de nos papilles, il faut penser à l’impact négatif que ce simple geste a sur la planète.

En tant que professionnels de la santé en faveur d’une alimentation centrée sur les végétaux, nous ajoutons notre voix aux organisations suivantes:

  • L’organisation mondiale de la santé (OMS) qui suggère que notre alimentation soit basée sur les végétaux et non les animaux;
  • L’Academy of Nutrition and Dietetics (qui représente plus de 100 000 nutritionnistes en Amérique du Nord) qui est en accord qu’une alimentation végétale peut prévenir et même traiter les problèmes de santé ainsi que réduire notre impact écologique;
  • Les 15 364 scientifiques signataires du manifeste publié dans la revue Bioscience ci-haut mentionné.

L’impact de l’alimentation sur l’environnement est la plupart du temps passé sous silence dans la campagne électorale actuelle. De plus, si on ne commence pas sérieusement à faire de la prévention, qui implique nécessairement un virage vers une alimentation davantage végétale, ce sera bientôt 70 % du budget qui sera accordé à la santé, tel que stipulé par l’Institut canadien d’information en santé (ICIS); ça ne laisse donc plus beaucoup d’argent pour les autres missions de l’état.

Il est critique de placer l’environnement en tête de liste de nos priorités. Comment, donc, faire une différence au quotidien pour sauver notre planète? En savourant une alimentation basée sur les végétaux… une assiette climato-sympathique à la fois!

 

Les nutritionnistes Hélène Baribeau, M.Sc., Dt.P., Marjolaine Mercier, Dt.P., Marilyne Petitclerc, M.Sc., Dt.P., Natalie Rousseau, M.Sc., Anne-Marie Roy, Dt.P. et Julie Taillefer, Dt.P. pour l’Association des Professionnels de la Santé pour l’Alimentation Végétale (www.apsav.org).

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande une alimentation composée principalement de végétaux.

Voici les 12 recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une alimentation et un mode de vie sain (adaptation et traduction libre):

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  1. Opter pour une alimentation composée d’une variété d’aliments d’origine végétale, plutôt que d’origine animale.
  2. Consommer  une variété de grains entiers (pain, des pâtes et du riz) ou des pommes de terre plusieurs fois par jour.
  3. Manger une variété de légumes et de fruits, de préférence frais et locaux, plusieurs fois par jour (au moins 400g par jour).
  4. Maintenir un poids corporel entre les limites recommandées (un IMC de 18,5-25) en intégrant des niveaux d’activité physique modérés à vigoureux, de préférence tous les jours.
  5. Limiter votre apport en lipides (gras) (pas plus de 30% de l’énergie quotidienne) et remplacer la plupart des gras saturés par des gras insaturées.
  6. Remplacer la viande grasse et les produits carnés par des haricots, des légumineuses, des lentilles, du poisson, de la volaille ou de la viande maigre.
  7. Utiliser du lait et des produits laitiers (kéfir, lait aigre, yaourt et fromage) qui sont faibles en gras et en sel.
  8. Modérer votre consommation de sucres ajoutés en limitant la fréquence des boissons sucrées, des bonbons et autres aliments riches en sucres ajoutés.
  9. Opter pour une alimentation pauvre en sel. L’apport total en sel ne doit pas dépasser une cuillerée à thé (5g) par jour, y compris le sel dans le pain et les aliments transformés, salés et en conserve. (L’iodation du sel devrait être universelle dans les endroits où la carence en iode est un problème).
  10. L’OMS n’établit pas de limites particulières pour la consommation d’alcool car les données montrent que la solution idéale pour la santé est de ne pas en boire du tout, donc moins c’est mieux.
  11. Préparer la nourriture d’une manière sûre et hygiénique. Cuire à la vapeur, au four, faire bouillir ou utiliser le micro-ondes pour aider à réduire la quantité de gras ajouté.
  12. Promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et l’introduction d’aliments complémentaires sûrs et adéquats dès l’âge de 6 mois environ. Promouvoir la poursuite de l’allaitement pendant les 2 premières années de la vie.
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Référence:

http://www.euro.who.int/en/health-topics/disease-prevention/nutrition/a-healthy-lifestyle

Quinze mille scientifiques alertent sur l’état de la planète

« « Mise en garde des scien­tifiques à l’humanité : deuxième avertissement. » C’est une alerte solennelle que publient, lundi 13 novembre dans la revue BioScience, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes ou ­encore agronomes, spécialistes du climat ou des océans, de zoologie ou d’halieutique, les auteurs mettent en garde contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l’humanité pousser « les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ».

Leur texte, que publie Le Monde en intégralité, enjoint aux décideurs et aux responsables politiques de tout mettre en œuvre pour « freiner la destruction de l’environnement » et éviter que ne s’aggrave l’épuisement des services rendus par la nature à l’humanité. « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. » »

Voici quelques mesures proposées par ces scientifiques pour protéger notre planète:

  • protéger ou «ré-ensauvager» des régions afin de préserver la diversité des habitats et des espèces et «rétablir des processus écologiques»
  • réduire le gaspillage alimentaire
  • privilégier une alimentation d’origine végétale
  • consommer des énergies «vertes» en diminuant la part des combustibles fossiles
  • développer des technologies vertes
  • aborder la question de la taille de la population humaine.

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Pour ces scientifiques, «il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures (…) ».

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En savoir plus sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/quinze-mille-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete_5214199_3244.html#4OmOJiZWZad3Jfmo.99

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/13/01008-20171113ARTFIG00185-nous-mettons-en-peril-notre-avenir-15000-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete.php

Prise de position de l’Academy of Nutrition and Dietetics sur l’alimentation végétale.

« (…) Les régimes végétariens, y compris végétaliens, convenablement planifiés, sont sains, nutritionnellement adéquats, et peuvent fournir des avantages pour la santé pour la prévention et le traitement de certaines maladies.

Ces régimes conviennent à toutes les étapes du cycle de vie, y compris la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et les athlètes.

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Les régimes à base de végétaux sont plus durables sur le plan environnemental que les régimes riches en produits animaux, car ils consomment moins de ressources naturelles et sont associés à des dommages environnementaux beaucoup moins importants.

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Les végétariens et les végétaliens sont à risque réduit de certaines maladies, y compris les cardiopathies ischémiques, le diabète de type 2, l’hypertension, certains types de cancer et l’obésité. Un faible apport en graisses saturées et en apports élevés en légumes, fruits, grains entiers, légumineuses, produits à base de soja, noix et graines (tous riches en fibres et phytochimiques) sont caractéristiques des régimes végétariens et végétaliens qui produisent un niveau plus faible de cholestérol ainsi qu’un meilleur contrôle du glucose sérique. Ces facteurs contribuent à la réduction des maladies chroniques.

Les végétaliens ont besoin de sources fiables de vitamine B12, telles que des aliments enrichis ou des suppléments. »

C’est en ces termes que la plus grande organisation de spécialistes de la nutrition et de la diététique, l’Academy of Nutrition and Dietetics, a pris position sur l’alimentation végétarienne dans le numéro de décembre 2016 de sa revue. Ce document très attendu actualise la précédente position de 2009, en fonction des données actuelles de la science.

Pour lire la prise de position complète : http://www.eatrightpro.org/~/media/eatrightpro%20files/practice/position%20and%20practice%20papers/position%20papers/vegetarian-diet.ashx